Red flags en diététique
Entre les tendances éphémères sur les réseaux sociaux, les promesses miracles des régimes éclairs et les vieux mythes qui ont la peau dure, il est bien difficile de savoir comment manger, aujourd’hui, en 2026.
En consultation, je rencontre quotidiennement des personnes perdues, culpabilisées ou épuisées par des années d’injonctions contradictoires. Beaucoup appliquent des règles strictes pensant bien faire, alors que ces dernières alimentent une relation anxieuse avec la nourriture, voire des Troubles de la Conduite Alimentaire (TCA).
En diététique, il existe de nombreux red flags (signaux d’alarme). Si un conseil, une méthode ou un discours vous impose de la rigidité, bannit l’écoute de soi, ce n’est pas vous le problème : c’est le conseil, la méthode ou le discours !
En pratique, je ne peux pas pas lister de manière exhaustive tous ces red flags (l’article deviendrait une vraie encyclopédie !), mais j’en ai repéré 5 très fréquents, que je vous partage ci-dessous.
13. Tout ce qui est mangé après 19h est stocké » (parfois c’est 18h, ou 20 h…).
Pourquoi c’est un conseil “red flag” :
Le corps humain ne possède pas d’horloge interne qui transforme instantanément chaque calorie en graisse corporel dès le soir tombé. Imposer des fenêtres horaires rigides fait l’impasse sur vos besoins réels, vos rythmes de vie (travail en soirée, travail de nuit, séance de sport en soirée, vie de famille…) et vous déconnecte de vos signaux de faim et de satiété.
Ce qu’il est préférable de faire :
Écoutez votre faim réelle plutôt que l’horloge ! Si vous avez faim en rentrant tard du travail, votre corps a besoin d’énergie pour récupérer et se régénérer durant la nuit. Et si le dîner est votre seul repas en famille, il est bien normal de vouloir partager un plat convivial avec votre conjoint.e et vos enfants. Privilégiez un repas complet et digeste pour préserver la qualité de votre sommeil, sans chercher à respecter telle ou telle heure.
2. Supprimez le pain, le sucre, les féculents… pour perdre du poids
Pourquoi c’est un piège :
La diabolisation d’un aliment ou d’une famille de nutriments (souvent les glucides ou les lipides) est la porte d’entrée vers la restriction cognitive. Classer les aliments entre « bons » et « mauvais » crée de la frustration. Résultat ? Vous tenez quelques jours, puis l’envie irrépressible survient, menant à la compulsion, suivie d’une vive culpabilité.
Ce qu’il est préférable de faire :
Misez sur l’inclusion de tous les aliments que vous aimez et la variété plutôt que de bannir tel ou tel aliment. Un aliment en lui-même n’est ni bon ni mauvais, tout dépend de la fréquence de consommation et des quantités prises.
3. Compter l’ensemble de ses calories au gramme près
Pourquoi c’est un piège :
Réduire son alimentation à des calculs quotidiens est rapidement épuisant. De plus, le métabolisme humain n’est pas une simple calculatrice qui additionne les calories ! Il varie selon votre sommeil, votre niveau de stress, vos fluctuations hormonales, votre activité physique… L’obsession du chiffre peut vous couper totalement l’écoute de la faim et de la satiété.
Ce qu’il est préférable de faire :
Apprenez à composer des assiettes équilibrées de façon visuelle : une bonne source de protéines, des légumes, des féculents, de la matière grasse raisonnable, sans oublier le plaisir gustatif qui ne se mesure pas en calories ! Mesurez votre progression sur d’autres indicateurs clés : votre niveau d’énergie au réveil, un confort digestif retrouvé, la qualité de votre sommeil ou une relation apaisée avec votre assiette.
4. Si vous craquez, c’est que vous manquez de volonté
Pourquoi c’est un piège :
Culpabiliser une personne face à une envie de manger ou un grignotage est vraiment tout sauf bienveillant. Les compulsions ou les fringales ne sont pas une question de « volonté » : elles sont la réponse normale à une restriction trop sévère, à un manque de sommeil, ou un moyen qu’a trouvé votre cerveau pour gérer une émotion intense (stress, fatigue, solitude…), etc.
Ce qu’il est préférable de faire :
Dé-cul-pa-bi-li-sez ! Manger pour réconforter une émotion est un comportement humain. Au lieu de vous auto-juger, observez ce qui se passe avec curiosité et bienveillance : « Avais-je suffisamment mangé au repas précédent ? Suis-je particulièrement fatigué(e) ou stressé(e) aujourd’hui ? ». Comprendre la cause de vos envies de manger permet d’y apporter une réponse adaptée, sans honte ni restriction compensatoire le lendemain.
5. Promettre une perte de poids spectaculaire en temps record
Pourquoi c’est un piège :
Les promesses du type -8 kg en 2 semaines ou les cures « détox » express reposent uniquement sur la perte d’eau et de masse musculaire. Ces méthodes agressives ralentissent le métabolisme de base et préparent le terrain pour une reprise de poids ultérieure (le fameux effet yoyo).
Ce qu’il est préférable de faire :
Inscrivez-vous dans une démarche globale et durable. Acceptez de ralentir (et c’est très difficile dans notre monde où tout doit être instantané !). La santé ne se résume pas à un chiffre sur une balance. Prendre soin de son alimentation, c’est adopter de nouvelles habitudes faciles à maintenir durablement, sans se priver de moments conviviaux en famille ou entre amis.
En conclusion : la diététique, c’est de l’écoute et du sur mesure
Une prise en charge nutritionnelle de qualité est toujours nuancée et adaptée au patient. Si un conseil vous isole socialement, vous affame ou vous fait vous sentir coupable dès que vous sortez manger à l’extérieur, c’est le signe qu’il est temps de changer d’approche.
Les diététicien.ne.s sont là pour vous aider à préserver votre santé physique ET mentale !
Envie de retrouver une relation apaisée avec votre alimentation ?
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